Vide et Plein
20 octobre 2015 - 23 octobre 2015
Espace Commines
17 rue Commines
75003 Paris
claire@maisonbleustudio.com

Maison Bleu Studio présente pour l’exposition “Vide et Plein” des artistes issus de la génération des années 80s et établis sur la scène de l’art contemporain international aux côtés des œuvres de jeunes talents emergents.

Nous proposons pour cette exposition les artistes suivant : Li Chevalier (chinoise), Wang Keping (chinois), Ai Weiwei (chinois), Chang Ling (taïwanais), Onishi Yasuaki (japonais), Ko Young-Hoon (coréen), Lim Hyun-jung (coréenne), Keita Mori (japonais), Jeong  Yun-kyung (coréenne), Huang Xin (chinois).

Depuis environ deux décennies, les artistes originaires d’Extrême-Orient sont l’objet d’une attention choisie. En groupe ou individuellement, ils animent régulièrement les cimaises des espaces publics ou privés. Ainsi, concernant la manifestation qui nous interpelle, il s’agit d’un collectif d’artistes chinois, coréens, japonais et taïwanais, dont l’initiative revient à Jiyun KIM et Claire MYHILL, familières de ces territoires et parfaitement informées des aventures esthétiques des artistes qu’elles ont retenu. En conséquence, elles dévoilent leurs options et nous convient conjointement au plaisir de la découverte ou de la confirmation pour certains, parce qu’elles n’ont pas hésité à faire cohabiter valeurs consacrées et talents prometteurs, mais déjà aguerris. Au delà des clichés habituels et des mimétismes, elles ont conçu leur exposition en rassembleuses éclairées, sans que l’unité de leur groupe en soit altéré.

Toutefois, la mise en lumière de ces problématiques auparavant négligées, méconnues ou carrément ignorées, repose sur plusieurs paramètres. Lié aux effets de la mondialisation et à l’arbitraire de ses retombées financières, l’art de l’Orient-Extrême, après une longue période d’occultation due à des contextes sociopolitiques spécifiques, ne fonctionne plus en vase clos. Il suscite l’intérêt, éveille la curiosité, et atteint même des sommets dans les ventes publiques, auprès des nouveaux riches chinois, taïwanais et occidentaux. Et cette fièvre a aussi contaminé des japonais et des coréens, à un degré moindre. Ces envolées notons le, sont consécutives à une modification radicale des relations orient-occident, car le progrès des nations occidentales, dépend également de la santé économique des états du sud-est asiatique.

Néanmoins, la tentation de l’occident n’est pas neuve chez les artistes chinois, coréens et taïwanais, d’abord encouragée par les missionnaires français, au cours de la dynastie Ming en Chine et propagée par les diverses diasporas dès la fin du dix-neuvième siècle. Ceci, en dépit des différents conflits armés, guerre civile de 1945 incluse, et des impositions d’une culture officielle sclérosante, legs de la Russie soviétique, qui a laissé des traces durables. C’est la raison pour laquelle l’évolution de l’art chinois, taïwanais ou coréen pendant le vingtième siècle, ne concorde en rien avec celle de l’art occidental. Au Japon, l’art moderne commence à voir le jour durant l’époque Meiji et subit le terrible choc du second conflit mondial, avant de refaire surface dans tous les domaines, à l’aube des années soixante. Alors que la Corée, tétanisée par une guerre fratricide et des dictatures successives, ne retrouve les forces vives qu’à la suite des jeux Olympiques de 1988.

Les moyens de communication de masse associés aux derniers apports de la technologie, ont à la fois abattu les barrières de l’isolement et standardisé les modes d’expression, en favorisant le nomadisme culturel et la pénétration des courants les plus en vogue. Aujourd’hui, chacune des nations représentées dans cette exposition, peut se prévaloir d’un quantum d’artistes de premier plan, présents sur la scène internationale, mais dont la trajectoire, pour la majorité, s’est affirmée hors de leur sol natal.

Se côtoient, ici, dans un mélange étudié : Sculpture, peinture, dessin, installations et techniques mixtes, que chaque protagoniste exploite et creuse selon son langage respectif, dans l’épreuve de la différence. Qu’on y décèle des références identitaires, religieuses, des parentés fortuites ou assumées avec de grands aînés, des allusions écologiques, à l’histoire de l’art, à des problèmes de société, n’enlève rien à la singularité de ces artistes, amalgame de générations jeunes et intermédiaires. Et s’il y a un dénominateur commun au sein de cette mosaïque d’interventions, ce n’est pas au niveau des formes et des idées, mais dans les ancrages géoculturels de ces artistes. Finalement, ce qu’ils souhaitent transmettre, c’est avant tout ce qu’ils portent en eux d’incessible, et parallèlement, leur vision de l’ordre et du désordre du monde.

- Gérard Xuriguera