Ai Weiwei

Ai Weiwei, né en 1957 à Pékin, est un des artistes majeurs de la scène artistique indépendante chinoise, à la fois sculpteur, designer, performeur, photographe, architecte et commissaire d’exposition.
Le magazine Art Review l’a désigné comme la figure la plus puissante de l’art contemporain en 2013 : « Son militantisme a rappelé comment l’art peut atteindre un large public et se connecter au monde réel ». Une de ses œuvres récentes les plus célèbres est l’installation «Fleurs de tournesol». L’installation était constituée d’un immense tapis formé d’une centaine de millions de graines de tournesol en porcelaine, réalisées une à une par des artisans. Le travail de la porcelaine est une des spécialités de l’artisanat chinois, qui exporte beaucoup de ses réalisations. Pour Ai Weiwei, la graine de tournesol a un sens symbolique: les graines de tournesol, un des encas les plus répandus en Chine, ont aussi une portée historique. Pendant la révolution culturelle chinoise (1966-1976), les images de propagande représentaient fréquemment Mao sous la forme d’un soleil et le peuple chinois figuré en fleurs de tournesol, appelé à se tourner vers le rayonnement du dictateur. Par ces graines, Ai Weiwei a voulu “encourager beaucoup de jeunes à s’exprimer”, explique l’artiste.

Gérard Xuriguera : Ai Wei Wei n’est plus à présenter, tant il a défrayé la chronique politique autant qu’artistique dans son pays et internationalement. Artiste multimedia sulfureux de la scène indépendante chinoise, sculpteur, installateur, blogueur, photographe, conseiller pour un cabinet d’architecte, notamment à l’occasion des jeux Olympiques de 2008, signataire de la charte 082 avec 303 autres intellectuels, il a développé, depuis ses débuts, à l’instar de Wang Du, une œuvre polychrome caustique et irrévérencieuse à l’encontre des instances officielles de Pékin. Selon ses thèmes, il emploie une gamme variée de matériaux parfois insolites, et les détourne de leur sens commun, afin de fustiger par la dérision des images de propagande. Puisant ses sujets dans la vie journalière, les animaux, les objets ou la politique, il reprend dans sa sculpture en céramique “Graines de tournesol”, l’esprit de l’installation réalisée en 2011 à la Tate de Lon- dres, où il avait accumulé et déployé à même le sol des milliers de ces graines. Cet environnement était emblématique de l’époque Mao, qui voyait son bon peuple comme la multiplication uniforme de ces particules. C’est l’aspect ludique, voire satirique, qui l’emporte, ici, sur le contexte sociopolitique.