Hyunjung Lim

Lim Hyunjung est née en Corée du Sud et elle vit et travaille à Paris. Elle s’intéresse à l’objet, un corps-expérience. Son ouvrage consiste à saisir les structures de divers objets par l’analyse de nos actes sur ceux-ci et leur environnement afin de réaliser une recomposition à partir de l’assemblage des éléments déconstruits. Ce travail de recomposition permet de montrer à quel point l’essence de chaque objet dans notre expérience et son existence vécue dans divers es- pace-temps ont des silhouettes variées.

« La banalité constitue une base qui permet de faire coexister diverses expériences et des symboles archétyp- ales. Elle se situe seulement en une place relativement différente du particulier. Les petits objets insignifiants de notre vie quotidienne sont étroitement liés à notre réalité. Un objet peut représenter notre désir à travers une association permanente ou générer un autre désir. Ceci révèle des idées quotidiennes en pointant la notion d’objet signifiant. » - LIM Hyunjung

Gérard Xuriguera :

Ayant observé que seules des tomettes de forme identique peuvent faire l’objet d’un assem- blage plane, la coréenne Lim Hyunjung associe des hexagones et des pentagones en un polyèdre dont la sphéricité à facettes évoque les pièces de cuir cousues d’un ballon plus que les taches observables à la surface de l’astre des nuits « Lune, Nuit », 2013. Et cette même structure, parée de 32 motifs repérés par l’artiste en plusieurs pays d’Occident, mais ayant plutôt les allures florales de l’art aniconique musulman, se trouve étrangement intitulée « Lune, 32 dif- férentes lunes » 2013 comme si le ventre rond de la lune pleine portait 32 fœtus féminins en efflorescence, l’astre qui croît et décroît étant le lumineux symbole du vide et de la plénitude.

Mais ce qui interpelle dans ce rapport à l’objet qui enface l’espace du « dehors » et celui du « dedans » ce n’est pas la référence islamique, mais les installations inachevées que Lim Hyunjung met en scène dans un esprit proche du décoratif. Il s’agit de scénographies dérivées des cartons traditionnels de la tapisserie mais traitées à la manière de frises et tressées horizontalement de ligues rapprochées, qui isolent à chaque extrémité des pans de tapis de forme triangulaire, sentis de motifs mouchetés et de petites perles de couleurs variées, alors que terminé par des rideaux de couleurs, le bas de l’œuvre est délibérément laissé en suspens. Sculpture, tapisserie, ou un combiné des deux? La sculpture est ici de l’ordre du simulacre.