Li Chevalier

Li Chevalier, née en 1961 à Pékin, est une artiste, peintre et plasticienne franco-chinoise.
La peinture expérimentale de Li Chevalier est identifiée par sa façon personnelle d’intégrer l’encre de Chine en toile mélangée avec des pigments, les éclats minéraux, de sable et des éléments de l’art chinois : le papier de riz et la calligraphie.
Son travail fait partie de la collection permanente du Musée National des Beaux Arts de Chine. Deux de ses tableaux majeurs, qui figurent dans la collection de l’Ambassade de France en Chine, sont exposés actuellement au salon de réception de sa Résidence, à côté des œuvres de deux autres artistes franco-chinois, Zao Wou-Ki et Chu Teh-Chun.

Gérard Xuriguera :

Franco-chinoise ou sino-française, Li Chevalier utilise l’encre de chine sur un mode inédit, pour réaliser des paysages/dépaysages sombres et écharpés, sur des fonds traversés de fulgu- rances crayeuses et de menus scintillements qui engendrent des vibrations nocturnes et des mouchetages récurrents, à partir de “l’accident contrôlé” cher à Toshimitsu Imai. Le champ s’évase, vacille et se resserre alors sur des zones minérales ou d’autres sidérales, sous les assauts jamais prémédités de l’encre, souvent intriquée à l’acrylique, à du sable ou à des collages, que la main pensante de l’artiste orchestre dans une ronde gestuelle fardée d’effervescence contenue.

Parfois se dessine une vague silhouette qui émerge d’une brume incertaine, sinon une croix chrétienne solitaire courbée par la brise, comme celles des pardons bretons. D’autres fois, encore, une impression aquatique, voire de magma volcanique, émane en aval du support, quand par ailleurs, c’est une manière d’abstraction sourde et mouvante, zébrée de légers froissages et de lueurs phosphorescentes, qui évoquent des climats à la limite de la menace, mais prévaut avant tout une atmosphère, une présence.

Il y a là une sorte de mélancolie, une distance fallacieuse, mais principalement une vraie maîtrise. C’est essentiellement dans l’évocation que s’inscrivent ces images graves et secrètes qui renvoient à la nature, mais à une nature quintessenciée, qui n’appartient qu’à son auteur. Enfin, Li Chevalier n’a pas cédé à la tentation de tracer un pont entre orient et occident : elle a créé un monde, son monde.